Aller au contenu

Un dispositif WIMS pour la différenciation

Constat de départ

Dans une classe, les élèves arrivent avec des niveaux de maîtrise très variés. Face à cette hétérogénéité, proposer les mêmes exercices à tous au même moment revient à ignorer une réalité pédagogique fondamentale : certains élèves s’ennuient, d’autres se découragent. Différencier le contenu, en classe comme à la maison, semble nécessaire pour que chaque élève travaille dans sa Zone Proximale de Développement (ZPD) : là où la tâche représente un défi atteignable, ni trop facile ni trop difficile. Mais la mise en place d’une telle différenciation peut être lourde. Le dispositif décrit ici cherche à la rendre praticable et cohérente.

Organisation pédagogique

Structurer les exercices autour des types de tâches

Le travail est découpé en types de tâches. Pour chacun d’eux, trois niveaux de difficulté sont proposés, symbolisés par des étoiles (★, ★★, ★★★). L’élève commence au niveau ★ et progresse à son rythme.

L’élève doit pouvoir identifier ses réussites et ses axes de progrès : il doit pouvoir se tester plusieurs fois, avec un feedback immédiat après chaque réponse. WIMS permet cela. Le déblocage progressif (★★ accessible une fois ★ réussie, etc.) crée des étapes visibles et atteignables, ce qui nourrit le sentiment de compétence et change le rapport à l’effort. L’erreur n’est plus sanctionnée mais exploitée : l’élève sait immédiatement où il en est et peut recommencer.

Après avoir validé un niveau, l’élève choisit la suite de son travail : passer à une difficulté supérieure ou s’attaquer à un autre type de tâche. Ce choix n’est pas anodin : c’est un acte métacognitif, qui amène l’élève à évaluer lui-même son état de compréhension et à décider en conséquence. On sait que cette capacité à s’autoguider est l’une des compétences les plus prédictives de la réussite scolaire.

Le travail à la maison : des entrainements formatifs

Ce travail peut être mis en place à la maison où l’objectif est d’atteindre un temps de travail déterminé (par exemple 90 minutes par semaine). C’est bien une compétence du domaine « méthodes et outils pour apprendre » du LSU qui est mobilisée.

Chaque séance d’entraînement est une évaluation formative : l’élève identifie ses réussites et ses axes de progrès, sans enjeu de note. Il peut mesurer concrètement sa progression d’une semaine à l’autre.

Au-delà du contenu mathématique, ce dispositif vise à expliciter les méthodes pour progresser : s’entraîner régulièrement, sur du contenu adapté à son état de compréhension. C’est une compétence transversale que l’on cherche à construire avec les élèves, pas seulement à supposer acquise.


Les évaluations en classe : des évaluations sommatives choisies

En classe, chaque semaine, un temps (par exemple 25 minutes) est consacré pour des évaluations sommatives. Les feuilles sont similaires aux entraînements : l’élève choisit le type de tâche et le niveau de difficulté sur lequel il se sent prêt. Une seule série suffit à valider un niveau. Ce format repose sur une logique simple : si l’élève réussit, c’est que l’apprentissage est solide, les entraînements ont fait leur effet. S’il échoue, c’est une information : un manque de maîtrise persiste et le travail doit se poursuivre. L’échec n’est pas une sanction mais un indicateur.
Les tentatives multiples sont autorisées dans le temps imparti, mais l’enjeu du temps crée une incitation naturelle à bien se préparer : un élève qui a bien travaillé à la maison sera plus efficace en classe.

Le contrat didactique : rendre le dispositif lisible pour les élèves

Un tel dispositif ne peut fonctionner que si les élèves comprennent et acceptent les règles du jeu. C’est ce que Brousseau appelle le contrat didactique : l’ensemble des attentes réciproques, implicites ou explicites, entre l’enseignant et les élèves sur ce qu’on fait et pourquoi.

Dans ce cas, le contrat doit être explicité régulièrement :

– Pourquoi trois niveaux ? Pour que chacun travaille à son niveau réel, sans compétition avec les autres.

– Pourquoi 90 minutes par semaine ? Parce que la mémorisation exige de la régularité : travailler régulièrement chaque semaine est plus efficace que beaucoup la veille d’une évaluation.

– Pourquoi choisir son niveau en évaluation ? Parce que rester au niveau ★ quand c’est là où on est n’est pas un échec : c’est travailler honnêtement. L’objectif est de progresser, pas d’atteindre ★★★ à tout prix.

Pourquoi choisir sur quoi on se fait évaluer ? Parce que l’objectif est d’atteindre tous les objectifs du programme à la fin de l’année, l’ordre importe peu.

– Quel est le sens des évaluations sommatives ? Elles testent si les apprentissages sont solides et durables, pas si l’élève a révisé la veille.

Ce que j’observe en classe

Les élèves qui jouent le jeu du travail régulier progressent de manière visible, et ils le voient. Le format hebdomadaire réduit l’anxiété liée aux grandes évaluations ponctuelles : l’enjeu de chaque séance est limité, mais l’accumulation sur l’année est importante. Le choix du niveau est généralement bien accepté, à condition d’avoir expliqué clairement en amont ce qu’on attend et pourquoi.

Il est indispensable d’accompagner les élèves pour qu’ils puissent choisir les entrainements qu’ils vont faire à la maison et sur quels types de tâches ils se feront évaluer.

Mise en place concrète avec WIMS

L’automatisation proposée par WIMS rend possible ce feedback immédiat et ce multi-testing. Mais l’ergonomie classique de la plateforme peut être un frein : les feuilles d’exercices affichent une liste linéaire peu lisible, les contenus sont peu mis en valeur, et les élèves peinent à visualiser leur progression, en particulier sur smartphone.

Il est pourtant possible de modifier ce visuel. Une feuille d’exercices peut regrouper les exercices 3 par 3 par type de tâche (un par niveau de difficulté). L’accès à ★★ est conditionné par la réussite de ★, et ainsi de suite. L’état de réussite est représenté visuellement pour chaque type de tâche : plus le niveau réussi est élevé, plus le score affiché est élevé. Les étapes sont visibles, la progression devient lisible.

Voici un exemple de visuel du début d’une feuille d’entrainements.

La page d’accueil peut aussi être personnalisée : les élèves peuvent voir l’état de leurs réussites pour chaque type de tâche : sur les entrainements formatifs mais aussi sur les évaluations sommatives. Leur temps de travail et des conseils personnalisés sur les exercices à travailler peuvent également être rendu visibles.


Voici un exemple de visuel du début de la page d’accueil de l’élève

Mise en œuvre technique

Comment activer la personnalisation ?

Un outil intégré à WIMS permet de modifier la mise en page des feuilles. Pour y accéder :

– Aller dans les paramètres de la feuille d’exercices, à « page de présentation », choisir « Oui ».

– Ouvrir l’onglet « Page de Présentation »

– La page d’aide liste les commandes disponibles : analyse des scores, conditions d’accessibilité selon les réussites, balises HTML pour la mise en page

Ce dernier point, l’utilisation de balises HTML ouvre de nombreuses possibilités pour moderniser l’interface et la rendre plus intuitive.

La présentation utilisée ici est complémentaire avec le thème PION 3, développé par des membres du groupe PION de l’académie d’Aix-Marseille.

Conditions techniques pour utiliser cette présentation

La structure de présentation présentée plus haut est transposable sur toutes les feuilles d’exercices, à condition de respecter quelques règles d’organisation :

– les exercices sont groupés par 3 (un groupe par type de tâche), ordonnés par difficulté croissante,

– les titres des exercices suivent la forme « code_exo » suivi du nombre d’étoiles,

– le premier exercice de chaque groupe (N°1, N°4, N°7…) ne doit pas contenir de virgule dans sa description

Quelques paramètres sont à modifier manuellement dans l’onglet « Page de présentation » :

– le titre de la feuille,

– le type de feuille : [1] pour entrainement, [2] pour évaluations,

– les codes des exercices, ici N1,N2,N3…

– si une carte mentale est affichée en introduction de la feuille, indiquer le lien (digimindmap ou autre) et passer la variable cartementale à 1 (0 sinon).

Il est possible de nommer les types de tâches selon ses propres codes ou simplement « Exercice 1 », « Exercice 2 », etc.

** lien script présentation **

Exploiter les résultats : analyse et communication

La structure uniforme des feuilles (3 niveaux, 3 exercices par groupe) permet d’exporter et d’analyser automatiquement les résultats de toute la classe, par exemple grâce à un programme Python. Voici des exemples de ce qui peut être fait.

Analyse des scores

Les résultats peuvent être compilés dans un fichier contenant les niveaux de maîtrise de chaque élève pour chaque exercice, sur une échelle de 1 à 5 :

– Niveau 5 : difficulté ★★★ réussie

– Niveau 4 : difficulté ★★ réussie (ou difficulté ★★★ presque réussie)

– Niveau 3 : difficulté ★ réussie (ou difficulté ★★ presque réussie)

– Niveaux 1 et 2 : réussites partielles (critères paramétrables dans le script)

Le programme peut aussi analyser le temps de travail personnel des élèves, semaine par semaine. Il est possible d’exclure certains créneaux, par exemple pour isoler le travail à la maison du travail en classe.

Communication aux familles

Ces analyses peuvent être partagées avec les familles :

– par des envois semi-automatiques de SMS : un programme Python peut générer un fichier HTML utilisable directement sur smartphone

– par visuel HTML : un compte-rendu graphique de l’état de maîtrise, transmissible via Pronote, par mail, ou par un lien permanent avec hébergement en ligne, peut-être généré automatiquement.

Page d’accueil personnalisée

Ces visuels peuvent également alimenter la page d’accueil de l’interface élève dans WIMS, pour une meilleure lisibilité du parcours.

Pour configurer une page d’accueil personnalisée dans WIMS :

– créer un document WIMS dédié

– aller dans « Configuration », « Apparence » et indiquer l’adresse de ce document

– modifier la page « main » du document pour y intégrer les visuels générés

Un visuel pour les feuilles d’exercices de calcul mental

Les exercices sont aussi par groupe de 3 selon les difficultés, mais sont doublées pour permettre un entrainement (temps libre) et un test (temps chronométré) depuis la même page.

Voici un visuel de ce qu’il est possible de faire pour une feuille d’exercices pour le calcul mental

Auteur/autrice

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *