Pourquoi le DMWims ?
Le groupe Pion a réfléchi depuis sa création aux utilisations de Wims et notamment à une façon efficace d’utiliser Wims pour donner du travail à la maison à nos élèves.
Le travail à la maison est en effet devenu compliqué à donner, notamment du fait des puissants outils dont disposent les élèves pour communiquer entre eux et pour obtenir la solution d’un problème mathématique grâce à une machine. Le DMWims présenté ici ne règle bien évidemment pas définitivement la question, mais à l’heure où de nombreux enseignants ne donnent plus de travail à la maison qui soit obligatoire et contrôlé, nous pensons qu’il est un outil précieux.
Nous avons recherché une démarche qui permette aux élèves de travailler efficacement, qui soit simple à mettre en œuvre pour les enseignants et rapide à présenter dans les formations sur l’utilisation de Wims que nous proposons.
Une zone d’entraînement et une zone où il y a un risque
Nous pensons qu’il est très important sur un exerciseur de proposer une zone où le travail puisse être refait un grand nombre de fois (c’est l’intérêt de le confier à une machine) et une autre zone d’évaluation, où l’élève soit amené à prendre un risque : le risque d’avoir éventuellement une note décevante (sans ce risque, il finit par gagner des points par hasard et n’apprend pas grand chose…) (Ce principe avait été introduit dans Wims par Xiao Gang via la possibilité pour un élève de désactiver la notation de sa feuille d’exercice.)
Un DMWims est donc composé de deux examens Wims identiques : l’un qui peut être fait 99 fois et constitue la zone d’entraînement, et l’autre qui ne peut être tenté que 3 fois et constitue la zone d’évaluation. La note finale est la meilleure de ces 3 tentatives.

Temps limité, temps contrôlé
Nous pensons également qu’il est très important de prendre en compte la gestion du temps : les DMWims sont à faire en 15 ou 20 minutes suivant l’âge des élèves. Le temps est donc chronométré et lorsque l’élève commence à travailler, il est incité à être au calme pendant un quart d’heure, dans de bonnes conditions de travail. À la fin du temps imparti, la session est automatiquement fermée et la note bloquée.

Cela oblige (un peu) les élèves à travailler en ayant les ressources nécessaires sous la main et en limitant les distractions. C’est également important car les tâches seront par la suite évaluées en classe en temps limité. C’est enfin un moyen pour l’enseignant de se restreindre dans la longueur des tâches données : nous avons très souvent constaté des tendances de la part de professeurs à donner des feuilles d’exercices très longues, ce qui est démotivant et peu productif.
Quelques exercices, avec répétition
Un DMWims comprend le plus souvent 3 ou 4 exercices. Nous demandons en général entre 2 et 4 répétitions de l’exercice dans une série, avant d’accéder au score.

Ainsi, l’élève peut se tromper lors de la première répétition mais se corriger après avoir vu l’analyse de sa première réponse et la correction éventuellement détaillée. Les sciences cognitives insistent sur le bénéfice du feedback très rapide dans les apprentissages. Ces répétitions nous permettent également de travailler sur le calcul mental qui doit être fréquent et régulièrement entretenu.
A contrario, nous devons avoir le souci de ne pas entraîner nos élèves à des questions trop stéréotypées, car s’ils ne savent pas du tout transférer leurs apprentissages, l’intérêt disparait totalement. Pour cette raison, nous demandons à Wims de choisir pour chaque exercice un énoncé au hasard parmi 3 ou 4 possibilités qui portent sur le même type de tâche (ou quasiment) mais qui sont présentés différemment.
En résumé : le premier exercice du DMWims portera par exemple sur l’utilisation du coefficient multiplicateur dans une évolution avec pourcentage, mais il y aura un choix aléatoire parmi 4 énoncés différents, chacun étant répété pour que la durée de la série soit proche de 4 minutes.
Nous essayons de donner des DMWims très régulièrement à nos élèves (jusqu’à une fois par semaine), avec un exercice portant sur un type de tâche « ancien », un autre sur ce qui est travaillé en classe et un troisième permettant de remobiliser d’anciennes connaissances qui seront utiles dans le prochain chapitre prévu.
Un gros travail de présélection et de paramétrage d’exercices
Cette organisation des DMWims nécessite de disposer d’une grosse base d’exercices. Heureusement, Wims peut s’appuyer sur une existence très ancienne pour proposer un nombre exceptionnel de ressources. Mais cet atout peut se transformer en inconvénient car des exercices codés par des enseignants il y a 20 ans ne sont plus forcément bien adaptés aux curriculums actuels.
Le groupe PION et la communauté Mutuwims se sont donc retroussé les manches depuis plusieurs années et ont fourni un très gros travail de présélection et de paramétrage des exercices.

Des enseignants ont parcouru de façon systématique les ressources de Wims, ont sélectionné les exercices en adéquation avec les programmes actuels et les ont paramétrés en fonction de leur difficulté pour obtenir une durée d’environ 3 minutes.
La création d’un DMWims est ainsi rapide : il faut seulement sélectionner trois thèmes, puis quelques exercices portant sur le même type de tâche dans chacun des thèmes.
Lecture et analyse des notes et des traces d’activité
Wims propose plusieurs outils statistiques pour avoir une idée de l’activité des élèves. Avec les DMWims, la page « détail des examens » est claire et simple à visualiser.

Beaucoup d’élèves mettent en place des stratégies intelligentes de travail. Par exemple, certains font directement une version notée pour voir s’ils n’auraient pas directement une bonne note. Cela leur permet d’identifier les difficultés. Ils travaillent ensuite dans la zone d’entraînement seulement les exercices qui leur posent problème, avant de tenter leurs deux dernières chances.
Des feuilles ou des examens ?
Si on préfère donner une feuille de travail Wims à la place de ce dispositif DMWims comportant deux examens, les élèves pourront gérer l’activation de leur note eux-même (et donc s’auto-évaluer et prendre le risque de ne compter la note que quand ils se sentent prêts). En revanche, ils n’auront pas le risque de découvrir un exercice portant sur le même type de tâche mais dans un énoncé formulé différemment. De plus, il pourront s’entraîner à réussir le premier exercice, gagner des points sur celui-là avant de travailler le suivant, mais à aucun moment ils ne seront évalués sur les capacité à faire les trois exercices en un quart d’heure. Ce type de dispositif peut être utile dans des contextes où les élèves rencontrent de grandes difficultés, mais nous semble moins efficace pour des apprentissages solides.
Des archives de classes téléchargeables, des feuilles et des classes progressivement publiées
Nous avons regroupé les feuilles de travail et bien d’autres ressources dans des archives de classes Wims. Celles-ci sont téléchargeables dans le parcours M@gistere « Compagnon Wims » que nous utilisons pour nos formations.
Le travail actuel du groupe PION consiste notamment à encore élargir l’accessibilité de ces ressources en publiant sur tous les serveurs Wims nos feuilles de travail et en autorisant la duplication directe de nos classes préremplies sur le serveur de Marseille.

Un thème pour Wims
Nota Bene : les images illustrant cet article proviennent d’une classe utilisant le thème « Pion », qui a été développé par le groupe Pion et qui est bien adapté pour la modalité DMWims. Voir ici pour plus de détails sur ce thème.
